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stevanov
Inscrit le: 29 Sep 2006 Messages: 161
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amathieu
Inscrit le: 01 Oct 2006 Messages: 3
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Posté le: Mer Nov 28, 2007 5:53 pm Sujet du message: Film "La Légende de Beowulf" |
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J'ai fait un petit compte-rendu du film. Le voilà.
Anne Mathieu
La Légende de Beowulf
Qui était le père de Grendel ? Qui étaient les parents du dragon qui blesse à mort Beowulf ? Vous le saurez si vous allez voir La Légende de Beowulf, de Robert Zemeckis, qui rassemble autour de Ray Winstone (Beowulf) une distribution prestigieuse : Angelina Jolie (la mère de Grendel), Anthony Hopkins (Hrothgar), John Malkovitch (Unferth). Ce film d'animation américain classé dans la catégorie "fantastique", reprend à grands traits l'histoire de Beowulf. On y retrouve les trois confrontations avec les trois monstres, Grendel, la mère de Grendel et le dragon. Le début du film est même relativement fidèle au texte-source : On assiste à l'irruption de Grendel dans Heorot, au massacre des guerriers danois, à l'arrivée de Beowulf sur la côte danoise, à la fête donnée en son honneur à Heorot, à la querelle qui l'oppose à Unferth, au combat contre Grendel, et à la cérémonie de la récompense. L'épisode de la mère de Grendel, en revanche, a subi de sérieuses modifications. Avec Angelina Jolie dans le rôle de l'ogresse, on conçoit aisément que les choses ne peuvent guère se passer comme dans le poème vieil-anglais… La deuxième partie du film, consacrée à l'épisode du dragon, revient à l'histoire originale, mais ce n'est que pour mieux s'en éloigner dans la scène finale : Occis par la bête, Beowulf disparaît non pas dans les flammes du bûcher, mais sous les eaux — et en bonne compagnie.
Le film a, de toute évidence, une dimension parodique, et c'est là son grand mérite. Mais ce sont moins les nouvelles aventures de Beowulf qui font sourire que le détournement de motifs héroïques ou poétiques qui sont au cœur du poème. Ainsi, dans le Beowulf original, le héros dépose son épée et ôte son armure avant d'affronter Grendel. Dans le film, il enlève la totalité de ses vêtements, et c'est nu comme un ver qu'il affronte l'ogre. Autre motif parodié : le chant du poète, qui pousse Grendel à quitter sa lande désolée pour aller attaquer Heorot. Dans le film, c'est exaspéré par les chansons paillardes entonnées par les guerriers ivres que Grendel se met en route pour le palais.
Zemeckis n'a pas oublié, en outre, que Beowulf est un poème chrétien qui met en scène un monde païen. Dans le film, le passage du paganisme au christianisme se fait pendant les années qui séparent le combat contre les ogres et le combat contre le dragon. Pour bien signifier ce changement, Unferth est affublé pendant l'épisode du dragon d'une énorme croix qu'il porte en pendentif.
Autre source de comique : La Légende de Beowulf est émaillée de références humoristiques à d'autres films : L'ogre Grendel de Zemeckis présente des affinités physiques certaines avec la momie de Stephen Sommers (La Momie, 1999). La scène où Grendel s'empare d'un minuscule guerrier pour l'avaler tout cru rappelle la séquence où, dans le film Ulysse réalisé par Mario Camerini en 1953, Polyphème croque à belles dents l'un des compagnons du héros. Et lorsque la camera plonge dans le poitrail du dragon pour nous montrer en gros plan son cœur palpitant, c'est moins la légende de Sigurd qui nous vient à l'esprit que les films "gore" de la pire espèce.
Malgré ces passages réussis, la Légende de Beowulf ne fera pas l'unanimité : Le film est spectaculaire, les effets spéciaux nombreux, mais il manque de rythme : arrivé à l'épisode du dragon, le spectateur est lassé des cascades de Beowulf, et il attend avec impatience que l'histoire se dénoue, alors que le héros, pendu par une corde à la patte de l'animal, fait dans les airs une promenade interminable.
Certains pourront, d'autre part, être rebutés par l'aspect des personnages. Ce sont non pas les acteurs qui jouent devant nous, mais des avatars virtuels, réalisés selon la technique de la "performance capture". Beowulf est un étrange hybride, à mi-chemin entre l'homme et le héros de jeu vidéo : Il ne nous émeut pas.
Ceci dit, le film mérite d'être vu, pour l'histoire, mais aussi, et peut-être surtout pour les images, un décor virtuel où dominent le noir et le doré, la couleur des monstres et celle des héros. |
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stevanov
Inscrit le: 29 Sep 2006 Messages: 161
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Posté le: Jeu Nov 29, 2007 9:52 am Sujet du message: critiques sur le film Beowulf |
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Merci pour ce compte-rendu objectif, qui soulève au moins deux questions pour quelqu'un qui comme moi n'a pas vu le film :
Les effets comiques sont-ils vraiment voulus, et existent-ils quand on ne connaît pas le poème?
Que vient faire le Danois Unferth dans l'épisode du dragon, censé se passer au pays des Gètes (Suède)?
Colette Stévanovitch |
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amathieu
Inscrit le: 01 Oct 2006 Messages: 3
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Posté le: Jeu Nov 29, 2007 9:45 pm Sujet du message: |
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Oui, je pense que les effets comiques sont volontaires. Tout du moins, certains d'entre eux. Je ne peux pas croire que le réalisateur soit sérieux quand il déshabille Beowulf, ou quand il nous fait entendre pendant un bon moment les paroles des chansons paillardes entonnées par les guerriers. Mais il faudrait avoir d'autres avis…
Qu'est-ce qu'Unferth fait dans l'épisode du dragon ? Je pense que le réalisateur a conservé ce personnage afin de renforcer l'unité entre la première et le deuxième partie. Tout le film témoigne de cet effort d'unification. Beowulf vieillissant ressemble à Hrothgar, il est marié à Waltheow, l'objet en or dérobé au dragon provient originellement, si je me rappelle bien, du trésor de Hrothgar, etc. |
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Fildyr
Inscrit le: 10 Jan 2008 Messages: 1
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Posté le: Jeu Jan 10, 2008 10:02 pm Sujet du message: |
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j ai trouvé ce film superbe à tout point de vue (*)... malheureusement j ai pas lu les poëmes, ni ne connait vraiment la légende. ( j'irai faire un tour du côté de wiki ^^ ) Seul truc de très stupide (*): la mère de Grendel en haut-talons ... décevant, très décevant ... pour un film se voulant aussi réaliste ... je sais pas ... à imputer à l effet de mode ? ^^ certainement ... en tout cas, pour ma part, Angelina ... laisses-moi rire ^^ ... Enfin, dommage pour le point de vue car ( pour un amateur comme moi ) dans la forme comme dans le reste, ce film est tout de même sacrement bien foutu ...
personnellement je n ai rien ressenti de comique dans ce film ...
bon maintenant je vais lire le poëme ( si je le trouve ^^ ) |
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n-py-lyon
Inscrit le: 11 Fév 2008 Messages: 1
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Posté le: Sam Mar 15, 2008 6:13 pm Sujet du message: |
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Avant toute critique, je me permets de rappeler l’état des choses avant l’arrivée La Légende de Beowulf de Robert Zemeckis (connu pour Retour vers le Futur). Il existait deux adaptations du poème anglo-saxon : d’une part un nanar de série Z (disons Z par manque de lettre) avec Christophe Lambert ; d’autre part un petit film de Strula Gunnarsson. Cette dernière adaptation malgré un certain éclat souffre toutefois de graves défauts dont de ne traiter que de la « partie Grendel ».
Cette nouvelle adaptation n’arrange rien, hélas. Bien au contraire, le traitement scénaristique et technique rabaisse et simplifie ce chef d’œuvre médiéval. M. Robert Zemeckis en a tiré un scénario simpliste bon pour le jeu vidéo et l’a d’ailleurs visuellement traité comme tel. Le technique de motion capture permet un « film » peu cher et visuellement époustouflant. Mais au prix de l’émotion, du jeu des acteur. Et à réduire le tout à une cinématique d’une heure quarante.
La Légende de Beowulf se déroule dans un monde barbare, cliché à souhait : paillard, violent, misogyne, sombre, faisant la part belle aux muscles et au sang qui coule à flots autant que la bière et les bordées d’injures. Volontairement je ne relèverais pas les erreurs pour ne pas faire tripler de volume cet article.
A noter toutefois une tentative du réalisateur : celui-ci a tiré Beowulf du côté d’une allégorie de la Faute du Pouvoir. Manque de chance, parmi les critiques le poème est interprété comme un manuel du bon roi.
J’ai pu lire ici que le film contenait une part volontairement parodique voire comique. Dans ce cas, pourquoi un ton volontairement sérieux, des effets d’emphase épique ? Il semble que tout cela soit, hélas, très sérieux et que l’on ne veuille rire : je crains que ce film ne soit qu’une infâme comédie, pour reprendre Balzac. |
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